Stéphane Mallarmé un coup de dés...  
Les Mots de Mallarmé révélés par Emile Littré
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Stéphane Mallarmé  
   
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Stéphane Mallarmé
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Emile Littré
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MAGNIFICAT (magh-ni-fi-kat'), s. m.
Terme de liturgie catholique. Cantique de la Vierge, qu'on chante à vêpres et au salut, et qui commence par le mot magnificat. Entonner le magnificat. Seul à magnificat je me vois encensé, BOILEAU Lutr. I.
    Fig. Entonner le magnificat à matines, faire une chose hors de propos.
    Fig. Corriger le magnificat, et aussi corriger le magnificat à matines, faire des critiques sans fondement.
    Fig. Gloser sur le magnificat, faire quelque chose de très facile. Et, pour savoir gloser sur le magnificat, Trancher en leurs discours de l'esprit délicat, RÉGNIER, Sat. X.
    Au plur. Des magnificat.

MANDORE (man-do-r'), s. f.
Nom d'un instrument de musique qui est une espèce de luth. La mandore n'avait ordinairement que quatre cordes. Les mandores qui étaient à six cordes s'appelèrent mandores luthées, parce qu'elles approchaient plus du luth. La mandore n'est plus en usage depuis longtemps.

MOIRE (moi-r'), s. f.
1° Originairement, étoffe faite avec le poil d'une espèce de chèvre de l'Asie Mineure. Il y avait deux sortes d'étoffes nommées cilices, l'une très fine et très belle, tissue de poil d'antilope ou de chèvre sauvage appelée mo dans l'Asie Mineure, d'où nous vient la véritable moire, à laquelle nous avons substitué une étoffe de soie calandrée, VOLT. Philos. Bible expliq. Gen.
2° Aujourd'hui, apprêt que reçoivent, à la calandre ou au cylindre, par l'écrasement de leur grain, certaines étoffes de soie, de laine, de coton ou de lin, et qui leur communique un éclat changeant, une apparence ondée et chatoyante. La pratique, en parfait accord avec la théorie, apprend que la moire apparaît d'une manière plus avantageuse sur les étoffes monochromes que sur les étoffes glacées, parce qu'en effet, la beauté de la moire résidant dans la variété des dessins changeant avec la position du spectateur, les changements de couleur de l'étoffe glacée viennent, pour ainsi dire, contrarier la simplicité et la pureté des dessins de la moire, CHEVREUL, Journ. des Sav. 1866, p. 648.
    Étoffe qui a reçu ce genre d'apprêt. D'une longue soutane il endosse la moire, BOILEAU Lutr. IV.
    Moire antique, moire dont le dessin est grand.

MOYEU (mo-ieu ; plusieurs disent moi-ieu), s. m.
1° Partie centrale de la roue où s'emboîtent les rais, et par où passe l'essieu. Mais de ce que les moyeux des roues de votre carrosse auront pris feu, s'ensuit-il que votre carrosse n'ait pas été fait expressément pour vous porter d'un lieu à un autre ? VOLT. Dict. phil. Causes finales.

MYRRHE (mi-r'), s. f.
Gomme résine du balsamodendron myrrha, Nees, plante térébinthacée, voisine des amyris kataf et kafal de Forskal ; elle est apportée de l'Arabie heureuse et de l'Abyssinie. Ils [les mages] lui offrirent [à l'enfant Jésus] pour présents de l'or, de l'encens et de la myrrhe, SACI, Bible, Évang. St Math, II, 11. On [les mages] lui donne [à l'enfant Jésus] de l'or comme à un roi ; l'encens honore sa divinité ; et la myrrhe, son humanité et sa sépulture, parce que c'était le parfum dont on embaumait les morts, BOSSUET Élévat. sur myst. XVII, 9.
    Fig. Jusqu'à ce que les ombres se dissipent, et que le jour de la bienheureuse éternité paraisse, j'irai dans la solitude, sur la montagne de la myrrhe et sur la colline de l'encens, pour contempler les vérités éternelles, BOSSUET Réfl. sur l'état des péch. Elle fit de tous ces maux, comme l'épouse des Cantiques, un faisceau de myrrhe qu'elle reçut des mains de son bien-aimé et qu'elle mit dans son sein comme une marque précieuse de son amour, FLÉCH. Dauphine.


MYRTE (mir-t'), s. m.
1° Arbrisseau toujours vert, dont les feuilles sont menues, et qui porte de petites fleurs blanches d'une odeur agréable. Virgile ne place pas Phèdre aux enfers, mais dans ces bocages de myrtes où vont errant ces amantes qui même dans la mort n'ont pas perdu leurs soucis, CHATEAUBR. Génie, II, III, 3.
2° Fig. et poétiquement, l'amour, à cause que le myrte, chez les anciens, était consacré à Vénus. Votre époux à son myrte ajoute ce laurier, CORN. Médée, IV, 2. Va du myrte amoureux ceindre sa tête altière, VOLT. Henr. IX.
    Myrte des marais, ou myrte bâtard, ou myrte du Brabant, voy. GALÉ.
    Myrte épineux, ou myrte sauvage, le fragon piquant.
    Myrte juif, variété de myrte commun.
    Myrte piment, espèce du genre myrte qui produit le piment de la Jamaïque.
    Myrte d'Australie, eugenia ou jambosa australis, arbre qui porte des fruits semblables à notre cerise.